« La qualité de la relation a un impact sur la qualité du dialogue social »

06.04.2020

Former ensemble représentants des salariés et des employeurs pour développer le dialogue social en France : c’est l’objectif des formations communes. Elles commencent à intégrer les catalogues de formation, sous la houlette de l’INTEFP, chargé de leur promotion. Entretien avec Sébastien Grosjean, responsable de la mission « formations communes » à l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle.

 

Quel est le rôle de l’INTEFP dans le développement des formations communes ?


Nous avons pour mission de structurer une offre de formation qui n’existe pas, et pour cela d’une part d’expérimenter les formations communes, d’autre part de référencer et d’outiller les organismes de formations qui souhaitent les inscrire dans leurs catalogues.

Nous avons dispensé une quinzaine de formations communes en 2019, qui ont rassemblé 70 participants d’appartenance syndicale différentes. Ces formations nous permettent de tester avec les acteurs diverses méthodes et outils pédagogiques.

Nous avons également travaillé avec les organisations syndicales représentatives au niveau national interprofessionnel pour construire le cahier des charges, publié en juillet 2018. Ce cahier des charges permet de sélectionner les organismes de formation référencés. Il garantit que les principes des formations communes sont respectés : un contenu dédié aux enjeux et aux dynamiques de la négociation collective, une pédagogie centrée sur les interactions, des animateurs en position de neutralité, etc.

 

Comment les formations communes peuvent-elles développer la culture et la pratique du dialogue social dans une entreprise ?

 

L’objectif des formations communes est d’améliorer la qualité du dialogue social, dont le rapport Combrexelle en 2015 et le rapport du CESE en 2016 ont souligné qu’elle était insuffisante en France. Or, la qualité de la relation entre les acteurs a un impact sur la qualité des processus de dialogue social et donc sur les résultats.

C’est pourquoi les formations communes sont centrées sur l’acquisition de compétences collectives, socio-émotionnelles, et non pas sur des contenus académiques ou juridiques. Les formations communes offrent des espaces de dialogue permettant la liberté d’expression et l’écoute sans jugement.

Réunir dans ce cadre des acteurs qui n’ont pas l’habitude de se parler ou de se faire confiance, c’est déjà presque gagné. En effet, cette expérience de l’altérité produit des effets : dans un cas, une organisation syndicale n’avait pas participé à la formation commune. Elle s’est ensuite retrouvée isolée face aux autres acteurs qui avaient totalement modifié leur façon de dialoguer.

 

Quelles sont vos perspectives pour 2020 ?

 

Nous allons poursuivre les expérimentations pour continuer à capitaliser et à transférer les enseignements vers les organismes de formation référencés. Il nous manque, dans notre panel, d’organiser une formation commune dans une grande entreprise. En parallèle, nous développons une bibliothèque gratuite de méthodes et d’outils pédagogiques pour ces mêmes OF [organismes de formation]. Fin 2019, nous avons lancé un appel d’offres pour enrichir notre catalogue d’outils ludo-pédagogiques : jeux de cartes, de plateau, escape game, etc. Enfin, nous préparons la création d’un conseil scientifique des formations communes.

 

Propos recueillis par Élodie Sarfati

Source : Dialogue-entreprise.fr

 

Retour à la liste